Fès, Meknès et la villa Agapanthe, un weekend impérial

Enfin un plan tranquille, familial même, dont l'objectif principal est de se prélasser le temps d'un week-end, histoire de changer d'air et de découvrir deux jolies villes pleines d'histoire :)


En mai dernier, rajli et moi sommes donc partis près de Fès pour se ressourcer au soleil et assister au sbou3 de la fille d'une collègue. Le sbou3 est une petite fête traditionnelle musulmane / marocaine organisée quelques jours après la naissance d'un petit bébé, qu'on pourrait comparer un peu au baptême, si l'on voulait trouver un pendant dans la culture occidentale. Nous avons logé dans une charmante villa au design sobre et raffiné, mêlant art contemporain, style épuré et artisanat marocain modernisé. Un enchantement ! Summum du bonheur, nous étions presque seuls, dans un cadre idyllique. La villa Agapanthe se situe dans la campagne de Fès, à quelques minutes seulement de la ville, au bout d'une petite piste pas très difficile à suivre. Surplombant la campagne environnante, l'immense piscine, les pièces toutes plus grandes et agréables donnent un sentiment de bien-être et d'espace particulièrement appréciables.


Les dix-sept suites s'organisent autour d'un bâtiment en L et d'immenses pièces sous plafond. Le style architectural hésite entre l'espagnol et le marocain, et tout y est soigné. Seule la nourriture n'est pas exceptionnelle, ils gagneraient à améliorer ce point. Pas besoin de prévoir quoi que ce soit, posez vos valises, enfilez vos maillots, et passez votre journée entre l'eau turquoise et les transats baignés de soleil. Faites-vous servir le déjeuner en terrasse s'il ne fait pas trop chaud, admirez les jolies idées déco de la salle de restaurant, et surtout, écoutez le silence...


Si vous avez trois jours, profitez d'une journée pour visiter la magnifique Fès. Nous n'y sommes pas allés cette fois-ci, mais j'y avais été lors d'un précédent voyage surprise pour mon anniversaire, il y a quelques années déjà, organisé par ma sœur chérie Claire, ma tante chérie Tat, et ma copine chérie Blandine. Impérissables souvenirs, inestimables moments. La ville impériale est marquée d'art, d'architecture, d'histoire, de raffinement. J'aime ce cachet qu'ont Fès et Meknès, les villes impériales, qui, contrairement à ma bien-aimée Casablanca, portent en elle cette histoire marocaine, cette vraie architecture locale, mêlant aussi les influences d'ici et d'ailleurs, ces majestueux monuments purement locaux... Ca fait du bien, et ça donne une idée sur l'incroyable histoire de ce pays, sur son art, ses talents ancestraux.


A Fès, nous avions surtout été enchantées par l'ancienne medina. Logées dans une auberge de jeunesse pas franchement luxueuse au bord du palais royal, nous avons sillonné en long et en large l'ancienne ville. Entrer dans la très vieille et splendide madrassa Bou Inania, école coranique au détour d'une ruelle, visiter une coopérative de tapis en montant en colimaçon jusqu'au toit pour observer la vue panoramique sur la ville, se perdre dans les dédales de ruelles, traîner des heures dans une boutique de bijoux pour essayer de décourager le guide qui nous collait aux basques, finir par accepter qu'il nous emmène aux tanneries, véritable spectacle, mais à travers des ruelles vides et, il faut l'avouer, guère rassurantes avec les gens malheureusement défoncés à je ne sais quelle drogue, mendiants, si pauvres... S'arrêter déguster une pastilla bnina dans un petit restaurant marocain, essayer de prendre en photo le palais et se faire houspiller par les gardes royaux, se balader dans la ville nouvelle et ne pas vraiment aimer, essayer des turbans colorés dans une boutique de la médina, acheter des cartes postales, piocher des mots d'arabe ça et là, descendre puis remonter l'allée des bijoutiers et leurs si jolis magasins en bois aux petits balconets, et remonter à travers le quartier juif, le mellah. 


Et surtout, le soir, ne rien avoir à manger et ne pas avoir envie de sortir au restaurant ; acheter chez le hanout un bout de fromage, de pain et de mortadelle, s'assoir à même le sol dans notre minuscule chambre, de grosses couvertures sur le dos pour tenter de lutter contre le terrible froid de ce soir de janvier, et manger ce dîner de fortune, créant pour chacune de nous un souvenir... inoubliable. Fès est à découvrir, chacun à sa manière, elle n'est pas ma ville préférée, mais elle déborde d'histoire et de choses à visiter, je l'aime surtout pour ses images, son zellige, ses architectures. Mais j'y resterai éternellement attachée pour y avoir été avec mes si chères Pompom, Tat et Dinette, et y avoir tellement ri, tellement été inconscientes, et tellement profité. On dit de Fès qu'elle est assez dangereuse ; c'est vrai que la ville est soumise à des conditions climatiques difficiles, le chômage y est important, la population énorme et la misère aussi malheureusement. On dit aussi des fassis qu'ils sont plus raffinés et cultivés que les autres marocains. Nous n'avons pas eu de problèmes, certes quatre filles seules dans la medina se font forcément embêter, mais pas davantage qu'à Casabalanca ou Marrakech. Peut-être avons-nous eu de la chance, j'avoue que maintenant que je suis bien imprégnée des risques que peut comporter ce pays par moments et suite à quelques malencontreuses expériences, je ne sais pas si je réitèrerais l'expérience, mais nous nous sommes senties bien, pas particulièrement en insécurité, et avons vite adopté ce marché bruyant de fruits et légumes, ces innombrables passages de personnes, et les balades de jour comme de nuit dans cette immense ancienne madina.

Mon vrai coup de cœur fut pour Meknès. Cette fois-ci j'y ai été avec rajli lors de notre récent séjour à la villa Agapanthe dont je vous parlais plus haut. Partis le dimanche en fin de matinée de notre écrin de paresse fassi, nous avons passé une partie de la journée à découvrir cette autre ville impériale, voisine de sa grande sœur fassie. Meknès m'a tout de suite enchantée par ses innombrables majestueux monuments, et cet incroyable surprise de découvrir à chaque bout de rue un nouveau monument, une nouvelle architecture, un nouveau décor ancestral. Même les bâtiments plus récents, les administrations et autres bâtiments publics sont travaillés, originaux, avec une architecture marocaine. 


J'ai aussi été frappée par les noms trouvés sur les bâtiments publics et universitaires "Institut de géologie", "Ecole d'Horticulture de Meknes" etc., installés dans le magnifique parc Benlhima, ces instituts entourés de jardins verdoyants, empruntant quelques timides accents de campus anglais... A l'issue de cette charmante allée offrant de l'autre côté un aperçu sur un bout d'écuries royales, la route débouche sur le célèbre bassin Sahrij Swani, pour le plaisir des yeux, de la géométrie, de l'architecture, et de l'Histoire... 

S'en est suivi un tour dans l'ancienne ville, avec l'incontournable et imposante porte Bab Mansour, mais aussi la ruelle des bijoutiers qui m'a rappelé celle de Fès, les madrassas que nous n'avons malheureusement pas eu le temps de visiter, le grand parc séparant en quelques sortes l'ancienne ville de la nouvelle, le point de vue magnifique devant l'hôtel de ville sur sa jolie place que les maknassi surnomment "Jrda dyal lbaladya", les rues qui montent et descendent et permettent de prendre de la hauteur, et cette adorable impasse toute en verdure menant à un très joli bâtiment abritant un centre d'études islamiques, ô belle architecture marocaine ! Pour un prochain séjour, nous pourrons également y visiter une mystérieuse ancienne prison chrétienne pour s'y faire quelques frayeurs, les ruines de Volubilis ou encore les écuries royales.



Meknès, c'est aussi la ville du rap marocain, avec Tanger et Casa bien sûr, mais on y trouve un vrai berceau de talent, comme le groupe H-kayne pour ne citer qu'eux. Petit coup de cœur donc pour la ville impériale, qui vaut vraiment le détour. Autre possibilité, passez deux jours à la villa Agapanthe et n'en sortez pas une seconde !

Gawria Aromatisée

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