Khedma Khedma

Il y a quelques mois, cette étude est sortie un peu partout dans tous les médias : soi-disant les marocains passeraient une moyenne de 4h par jour maximum au travail.


Ces résultats m'ont inspirée une petite réflexion sur le monde du travail au Maroc, les conditions, bref, tout ce qui se passe autour de moi. Bon, je ne connais pas le détail de leur calcul statistique, apparemment  les français travailleraient encore moins d'heures par jour. Un élément m'échappe dans ce calcul (peut-être n'est -il pas basé sur la population active mais sur l'ensemble de la population), et puis il y aussi ce taux de chômage si énorme qu'il fait chuter le nombre d'heures.

Quoiqu'il en soit, ces chiffres m'ont interpellée et j'ai essayé, juste comme ça, de trouver QUI, autour de moi, travaillait effectivement dans cette moyenne de 4 heures par jour...

Le hanout qui bat tous les records en travaillant de sept heures du matin à vingt-deux heures, trois cent cinquante jours par an ? L'agent administratif d'une Commune qui fait un minimum de six ou sept heures de travail par jour, même s'il sort tôt avec l'horaire continu ? Le vendeur de poisson qui part à 6h du matin acheter son huta au marché de gros de Sidi Othmane pour passer la journée à le vendre et rentrer chez lui à 20h ? L'ouvrier de chantier qui dort dans une tente sur son lieu de travail, bosse de l'aube au coucher du soleil dimanches inclus ? L'agriculteur qui passe ses semaines, ses journées, ses week-ends à entretenir ses champs, sa ferme ? L'instituteur qui termine à 17h et doit encore préparer ses cours pour le lendemain ? La femme de ménage qui embauche à 5h du matin et enchaîne quatre ou cinq entreprises à nettoyer dans la journée ? L'employé de banque avec son horaire continu ? Le chauffeur de taxi qui sillonne la ville sans s'arrêter ? Le cadre jeune ou moins jeune qui passe entre 10 et 12h par jour dans son entreprise et en déplacement clientèle ? La vendeuse dans un magasin de chaussures qui ferme à 20h en hiver et à 22h en été ? Le technicien Samsung qui fait des heures sup au noir dans un garage après sa journée de travail pour compléter ses fins de mois ? 

J'en ai déduit tout d'abord que je n'avais pas à me plaindre de mes horaires de travail. Et ensuite que c'est une moyenne, ce qui signifierait un ratio médian entre ceux qui font le plus d'heures et ceux qui en font le moins. Mouais... j'ai besoin qu'on me détaille la méthode d'enquête. Parce que ce qu'ont lu les marocains à travers les lignes de cette étude hier matin, c'est qu'ils sont des flemmards. Qu'ils esquivent, qu'ils travaillent peu. Et je crois que toute personne active qui a lu ce résultat s'est sentie un peu flouée... La société marocaine que j'observe est plus qu'active, elle travaille bien plus que du pays d'où je viens, elle ne se fait pas payer ses heures supplémentaires, travaille le week-end sans en avoir le choix et sans toucher de prime ou de double salaire, et le tout sans aucune sécurité de l'emploi. A défaut que les choses changent, gratifions au moins les gens de la reconnaissance ! C'est bien cela la réalité que je vois autour de moi : quelque soient les milieux sociaux, des grands cadres aux gosses qui travaillent au noir, le Maroc n'est pas un mauvais élève sur le banc de la vie active : au contraire.

Bon, on sait bien que chaque étude ne peut être lue qu'en possession de l'ensemble des éléments sur lesquels elle se base, et c'est sans doute là que je trouverai la clé de l'explication. Et dans le chômage certainement. Disons que dresser ce tableau, c'était pour moi un peu rendre hommage à ce Maroc qui se lève tôt, qui enfourche sa mobylette ou son Range Rover aux aurores et qui donne tout, souvent sans avantages sociaux, pour offrir le meilleur avenir à sa famille. Ce n'est pas un cliché, c'est la préoccupation première de tout père ou mère de famille dans ce pays. Il y a toujours des filous, il y en aura toujours. Mais dans la majorité, les marocains travaillent. Ana je dis : respect.




Gawria Aromatisée

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