Casamantes, un projet artistique et humain qui m'a fait pleurer

C'était il y a quelques mois, et ce fut une surprise émouvante. J'avais entendu parler via Facebook d'une expo photo à l'Institut Français de Casa d'un projet mené avec des enfants d'un quartier populaire de la ville. Comment dire... c'était taillé sur mesure pour moi. Alors forcément, j'ai foncé. Je n'ai pas été déçue...


Casamantes, c'est le projet à la fois artistique et humain mené par Fayssal Zaoui, un photographe casablancais de Hay Mohammadi, et Karima El Kharraze, une plume française vivant dans la banlieue parisienne. Cet atelier mené en parallèle en France et au Maroc a réuni l'écriture avec la photographie. D'un côté, des enfants du quartier populaire de Hay Mohammadi à Casablanca ont effectué un travail incroyable de photographie, pendant que ceux de Mantes-la-Jolie à Paris rédigeaient des textes et des légendes. En est ressortie une exposition touchante, fraîche et magnifique. Encore un exemple de ces initiatives bourrées de talent qui prennent en considération le Maroc profond, et  ouvrent des portes culturelles à ceux qui en sont habituellement privés. 


Une fois sur place, je n'ai eu d'yeux que pour les œuvres de ces petits artistes, des photos subtiles, émouvantes, différentes, intéressantes, affichées en grand sur un mur. Une vidéo présentait les coulisses du projet, notamment les paroles des enfants de Mantes-la-Jolie.




Puis ils sont arrivés. D'abord leurs mamans... et là, j'ai pleuré. C'est sûrement un peu bête, un peu trop sensible, mais je crois que je suis venue sur terre pour ce genre de moments et pour ce genre de personnes, alors j'ai laissé mes yeux briller d'émotion en voyant ces mamans de Hay Mohammadi venir à l'Institut Français et découvrir des tas de gens en train de regarder...les oeuvre de leurs propres enfants. La fierté dans leur visage, c'est ce qu'on peut offrir de plus beau à une mère. Quand les enfants eux-mêmes sont arrivés, avec leurs frères et soeurs et avec leurs copains et leurs copines, deuxième vague d'émotion, si je ne m'étais pas retenue je fondais en larmes. Je suis sincère, j'ai dû partir tellement c'était fort ! Les gosses souriaient, ils cherchaient leurs œuvres, reconnaissaient leurs propres photos, les montraient à leurs mamans, à leurs grands frères, ils étaient pris en photo, interrogés... Quel plus bel hommage à la jeunesse marocaine, quel chant d'espoir, quel projet magnifique... Vivement de nouvelles idées comme celle-ci ! Ou la prochaine édition :)


Gawria Aromatisée

2 commentaires:

  1. Belle initiative à renouveler. La jeunesse est un véritable vivier qui ne demande qu'à s'exprimer. Il suffit de lui donner les moyens. Ce soir, en flânant sur le net, je suis tombé sur votre blog. J'ai appris, entre autre, le mot-valise "jrir". Je l'ai ajouté au court texte de présentation de l'une de mes photographies:
    https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1529914730604209&set=a.1471750769753939.1073741830.100007570907388&type=1&theater
    Merci pour le partage et bonne fin de semaine lumineuse!

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  2. Un très grand merci Iconoclasse pour votre commentaire, et surtout pour la reprise de l'expression "jrir" sous l'une de vos photos. J'ai eu le temps de découvrir votre univers photographique et d'apprécier votre regard sur le Maroc, votre façon de capturer des scènes d'ici, des mouvements, des personnes, ou de les suggérer par des flous... Merci encore et excellente continuation !

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