Le café face à la mer



Il y a ce petit café, un peu atypique, dans lequel j'adore me poser. Seule, à deux, entre amis, en famille, c'est simple et ça fait tout. En fait il s'agit plutôt d'un parking face à la mer dont le long de la rambarde sont disposées des petites tables avec leurs chaises et leurs parasols. On y prend un jus, un café ou un thé, obligatoirement dans un verre made in Derb Omar, c'est tout ce qu'il y a. Il y a la plage en contrebas, avec des parties de foot de futurs rajawis célèbres ou de femmes voilées qui taquinent la balle avec leurs maris et leurs enfants (un bon point pour l'anti-clichéisme). Un peu plus loin, il y a la mer, qui se dresse, danse, dévoile ses apparats avec des aller-retours incessants sur cette longue plage qu'elle lèche sans relâche. Il y a le vent, qui couvre le bruit des voitures et des passants bruyants. Il y a le soleil, qui réchauffe les peaux et les cœurs. Il y a le temps, suspendu quelques secondes, pour profiter d'une vue, d'un bouquin, d'une discussion, d'un moment. Il y a la vie qui innonde. Tout simplement.

Je ne sais s'il a un nom, mais ce petit repère se situe en contrebas du MacDo Dawliz, on y accède à pied ou en voiture via une pente très raide de quelques mètres. 

Il y a cet autre petit café, il s'agit plus d'une pelouse cette fois-ci, en contrebas de la corniche, pas très loin du terminus du tram sur Ain Diab. On s'installe sur une table en plastique, ou directement dans l'herbe, et on regarde le sable, les casablancais, la mer, et l'horizon. Un jus, un thé, un msmen, un bon livre et une paire de lunettes, là aussi, le temps se suspend, sous notre joli parasol.

Il y a enfin ce troisième café, plus connu, El Ghoroub, le soleil couchant, qui ne pouvait pas mieux porter son nom. Plus construit que les deux premiers, mais bien loin du bling bling de la plupart des cafés de la corniche, les casablancais ne s'y méprennent pas et y viennent nombreux : en couple, seuls, en famille ou entre amis, ses deux étages affichent complets les jours de fête et de soleil. Les meilleurs moments pour y aller sont les dimanche matin de printemps, ou les soirées d'été, pour y lire un bon livre devant un jus de banane ou un thé, ou pour observer le soir le soleil se coucher. Quelques pêcheurs balancent leurs cannes juste en bas, une piscine abandonnée se laisse lécher par les vagues lorsque la mer est un peu agitée, on laisse le brouhaha de Casa derrière soi, et on se ressource au bruit de l'océan. 

Ces petits endroits atypiques de la Corniche, j'aime m'y évader de temps en temps, m'y rendre pour la vue, pour le calme et pour la simplicité, loin de l'apparence, loin du m'a-tu-vu, mais plus proche de moi-même.

Gawria Aromatisée

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