From Skoura to Azrou

C'était le 1er mai, alors on a fêté le travail en travaillant pas. C'était férié. C'était top. C'était surtout un jeudi sur le calendrier. Alors qui dit férié un jeudi dit pont un vendredi. Enfin pas automatiquement, mais disons que tous les filous de ce bas-monde ne ratent jamais ce genre d'opportunités calendariales, et y voient même comme un signe du destin leur envoyant cette bouée de secours que l'on nomme vulgairement "pont". Quel beau mot. Quelle création salvatrice, bien rare dans le domaine qu'est la vie professionnelle. Bref, revenons-en à nos hawilis.

Pont, donc. Et dans notre dictionnaire de couple mixte, pont rime avec évasion. Et congé avec échappée.

Bref, le jeudi 1er mai à 7h du matin, on était au volant de Beija (c'est ainsi que l'on a baptisée notre fière automobile, cf Dictionnaire de gawria), le coffre rempli de tongues et de tee-shirts, et les yeux ouverts comme des hiboux au coucher du soleil. On était prêts. Quelqu'un m'expliquera -t-il un jour pourquoi il est si facile de se lever quand on est en vacances même 1h avant la norme ???

Ensuite, la magnificence de ce pays qu'est le Maroc nous a submergé. Tichka offrit à nos yeux la première envolée lyrique d'un dépaysement hors du commun. Beija encaissait sans peine les virages et les épingles à cheveux -et les camions fous qui doublaient dans les virages- toute fringuante et aussi excitée que nous à l'idée de voyager, encore une fois. On est arrivés à Ouarzazate déjà tout renversés d'émotion. Mais ce n'était rien comparé aux 3 jours qui nous attendaient...




Après une nuit passée dans un ksar somptueux de la palmeraie de Skoura, on partait faire l'aller retour Ouarzazate-Zagora dans la journée. Mieux, on a poussé jusqu'aux dunes de Tinfou, parce que mince on était si proches du désert, on pouvait quand même pas repartir sans y être allés ! Et on a même survécu à une tempête de sable en pleine route... (un récit à découvrir ici !). Beija, Rajli et moi on a eu notre dose de dromadaire et de foulard sahraoui sur fond de dune de sable et on était contents, on se prenait pour des caravaniers des temps modernes (sans 4x4 mais bon c'est cool quand même), et moi j'avais fait le plein de selfies désert que j'allais pouvoir afficher sur mon Facebook pour me la raconter un peu auprès de mes amis français. Ben oui, je suis pas venue vivre ici pour rien, faut bien le leur rappeler de temps en temps qu'ici un weekend à Marrakech c'est tout ce qu'il y a de plus banal et c'est faisable sur un coup de tête du vendredi soir à 21h !!


Beija à dévoré les kilomètres, nos téléphones se sont remplis de photos et le bras gauche de Rajli a reçu son baptême de bronzage de conducteur de ce début d'été. On était heureux quoi. On a décidé de rentrer à Casa en faisant une boucle. On est comme ça nous en fait. On joue des pieds et des mains pour louer une auberge avec piscine, puis finalement on bouge toute la journée, on ne rentre que le soir, et on reste une nuit puis on repart sur les routes. On rêve d'un séjour glandouille dans une piscine, comme dans les sites de deal et tout, mais on n'y arrive pas. C'est pas très grave je crois, en fait.

Alors on a pris la route pour Errachidia. Une journée de paysages déserts et arides, puis de vallée de fleurs et d'oasis de verdure, de villages adorables aux gamins qui jrient (mélange franco-darijien de courir et rire, cf. Dictionnaire de Gawria). Ô bonheur ! À la fin, les Road 66 marocaines qui n'en finissent pas de tracer tout droit dans un décor hollywoodien, ça devient quand même long. Mais magique. Puis encore de la route le lendemain, levés pendant l'3dan (appel à la prière) de 5h du matin, pour rejoindre Midelt, ville de la pomme, manger des msemen délicieux et des harcha au fromage. Puis ce fut au tour d'Azrou et sa magnifique verdure de montagnes environnantes, ultime charme de notre périple sauvage.

Le Maroc ne cessera jamais de nous étonner et de nous offrir de magnifiques paysages, aux assoiffés de voyage que nous sommes, et je bénis ce pays que j'aime toujours plus au rythme de mes explorations. Marocains, marocaines, ne vous prenez pas la tête à rêver de visa et de voyage en France ou en Turquie, les plus extraordinaires des envolées sont à vos pieds, accessibles en un coup de roue. Ou plutôt si : partez toooooous en vacances ailleurs et laissez nous kiffer le Maroc en solo !

Gawria Aromatisée

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